FORWARD
Now Reading:

A quand des « futuristes en chef » dans les start-ups ?

Dans le monde des start-ups, l’innovation est une problématique souvent gérée directement par ses fondateurs. Il suffit de regarder les offres d’emplois sur les sites spécialisés pour s’apercevoir qu’aucun poste lié à l’innovation n’y est proposé. Dans la plupart des cas ce seront les fondateurs, accompagnés de l’équipe « Produit », qui s’en chargeront en se contentant de répliquer les meilleurs pratiques observées chez les concurrents.

Mais ne serait-il pas intéressant que ces jeunes pousses intègrent au fur et à mesure de leur développement des experts en la matière pour les aider à rester innovants en repoussant toujours plus loin les limites de l’imagination ?

C’est en tout cas le parti pris par la société Magic Leap qui a embauché en 2014 l’écrivain de science fiction Neal Stephenson. Cette start-up américaine spécialiste en réalité virtuelle est en train de développer un casque de réalité augmentée et suscite l’intérêt certain des investisseurs avec près de 2 millards de dollars de levées de fond depuis sa création. Elle a ainsi su se montrer originale dès sa création en proposant à cet auteur de l’imaginaire le poste de « Chief Futurist » afin de l’aider à développer des idées au-delà des champs du possible.

Isaac Asimov avait déjà abordé cette complémentarité essentielle entre théoriciens et ingénieurs dans sa nouvelle « La boule de billard ». Cette histoire, inclue dans le recueil « Le robot qui rêvait » publié en 1986, évoque la compétition au sein d’une entreprise imaginaire futuriste entre James Priss, le penseur, et Edward Bloom, le technicien. La premier imagine quand le deuxième met en pratique. Et cela fonctionne bien pour le plus grand bonheur de l’humanité qui peut alors profiter de ces innovations bénéfiques! Pour la petite histoire, la partie se gâtera ensuite avec comme arme du crime une boule de billard lorsque Edward insistera pour faire une démonstration de la gravité zéro alors que James lui maintient que cela n’est pas réalisable. Voilà ce qui se passe quand l’homme de terrain s’essaye à la théorie…

Le prestigieux prix XPrize, qui récompense des innovations technologiques capables de faire progresser l’humanité, l’a aussi bien compris en mettant en place un « Science Fiction Advisory Council » qui regroupe environ 80 écrivains et réalisateurs. A l’aide de ces penseurs habitués à imaginer le futur, XPrize entend faire émerger des idées et des technologies qui permettront à l’humanité de résoudre ses plus grands défis dans de nombreux domaines tels que l’espace, la médecine, l’énergie, l’automobile, l’éducation, l’environnement ou le social.

L’organisation internationale de promotion des femmes travaillant dans le domaine des nouvelles technologies, Girls In Tech, conseille même sur son site à ses lectrices en panne d’inspiration pour monter leur start-up de lire ou de regarder des oeuvres de science-fiction. Et il n’est pas rare de voir des entrepreneurs aller pitcher avec un livre de science fiction sous le bras. L’école d’informatique « 42 », fondée en 2013 et qui compte Xavier Niel parmi ses fondateurs, en est la parfaite illustration puisque le nom de l’école affiche une référence assumée à la célèbre oeuvre de Douglas Adams « The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy ».

On ne compte plus les articles de presse annonçant que la réalité a enfin rejoint la fiction à la sortie de produits novateurs sur le marché, mais pourquoi ne pas professionnaliser cette recherche d’innovation au sein des start-ups ?

Written by

    Leave a Reply

    Your email address will not be published. Required fields are marked *