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Adrien M & Claire B, quand la danse et la technologie ne font plus qu’un

Adrien M & Claire B, duo composé d’un informaticien et d’une plasticienne, dirigent la compagnie qui a adopté la technologie afin d’en faire des spectacles aussi beaux qu’époustouflants. Des sortes de ballets futuristes où la technologie est synonyme de poésie.

Claire Bardainne et Adrien Mondot sont ce que l’on peut appeler des « optimistes » de la technologie. Car si elle peut être vue comme sombre et dangereuse, on peut aussi en décider d’en faire quelque chose de beau. « Ce que l’on essaie de dire, c’est que l’on doit transposer son identité dans les technologies : on doit pouvoir s’y retrouver. Dès lors, si l’intention que l’on y met est de réenchanter le réel, de créer une sensualité et une sensibilité à travers une expérience voluptueuse, c’est possible. La technologie n’est pas forcément froide, grise, carrée ou incompréhensible. » déclare Claire dans une interview donnée à l’ADN. De par ce souhait de réenchanter le réel, leur démarche place l’humain au centre des enjeux technologiques, et le corps au cœur des images.

HAKANAI Compagnie AMCB - Danseuse AKIKO KAJIHARA - THEATRE DE ROANNE MARS 2014

HAKANAI Compagnie AMCB – Danseuse AKIKO KAJIHARA – THEATRE DE ROANNE MARS 2014

Afin de pouvoir bénéficier d’une totale liberté de création, Adrien M & Claire B développent eux-mêmes leurs propres outils informatiques. Avec comme point d’orgue le mouvement, ils vont pouvoir matérialiser graphiquement la manière dont les choses bougent de manière totalement fluide et gracieuse autour d’un ou plusieurs danseurs. Et si vous vous demandez si tout cela est préenregistré ce n’est pas le cas, les créations graphiques sont jouées tel un instrument, en live. « C’est plus fascinant, ça crée un côté très vivant. On sent que ça palpite, que c’est fragile, que ça tient sur le fil. »

La technologie n’est pas forcément froide, grise, carrée ou incompréhensible.

L’humain, indissociable de la technologie

Artiste pluridisciplinaire, à l’origine informaticien et jongleur, créant déjà des spectacles mettant en œuvre des interactions sensibles entre le numérique, le jonglage, la danse et la musique, Adrien Mondot avait déjà un goût pour le mouvement que peut donner l’être humain aux objets. Après avoir développé lui-même un premier logiciel de vidéo interactive, il rencontre Claire Bardainne, graphiste et plasticienne de métier. Diplômée d’Estienne et des Arts Déco de Paris, ses recherches visuelles se concentrent sur le lien entre signe, espace et parcours, explorant les va-et-vient entre imaginaire et réalité. « Grâce au travail de Claire, j’ai découvert comment construire des choses solides avec ces outils numériques. » déclare Adrien. Ensemble, ils interrogent le mouvement et ses multiples résonances avec la création graphique et numérique.

Mais ce goût pour la technologie ne leur fait pas oublier le côté humain, bien au contraire. Adrien et Claire attachent même de l’importance à rappeler que derrière toute technologie, il y a un humain derrière qui a programmé telle ou telle machine. Une vision bien loin d’un futur dystopique où la technologie a pris le dessus sur l’Homme. Ce côté humain, nous le retrouverons dans chacune de leur création : « La technologie toute seule est un gadget. Ce qui nous fascine c’est quand le corps rentre dans l’image, et que l’image devient un paysage avec lequel on peut jouer et que l’on peut modifier. » explique Claire. Armés de capteurs, les danseurs peuvent donc jouer avec les forces et les éléments autour d’eux, pour des spectacles toujours fondés sur le mouvement.

La nature, source intarissable d’inspiration

Pour faire naître ces mouvements, le duo s’inspire de l’endroit le moins technologique possible : la nature. « On observe des phénomènes absolument fantastiques tous les jours dans la nature, comme les nuages ou les nuées d’étourneaux… » remarque Claire B. Retranscrire les mouvements de la nature afin d’enchanter la technologie, prouver que la technologie peut aussi être belle et gracieuse grâce aux mouvements naturels, tel pourrait être leur mot d’ordre à travers leurs diverses créations. Dans « Le mouvement de l’air »par exemple, spectacle créé en 2015, tous les éléments sont basés sur un des éléments de la nature : l’air. « Donner corps à l’imperceptible : rendre visible l’invisible d’un mouvement d’air, dans ses trajectoires aux nuances infinies, imaginaire variant du plus doux et lent, au plus vif et transparent, du plus puissant au plus subtil. » déclare le duo.

Et si finalement, la technologie nous ramenait aussi à l’essentiel ?

 

Crédits photo : ©RomainEtienne

Sources : l’ADN, Télérama, Adrien M & Claire B

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