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On a assisté à un festival de biohacking open hardware !

Le festival Open Source Body organisé par le mediaLab Makery du 22 au 27 janvier 2018 avait pour objectif de faire se rencontrer organisations, professionnels de santé, artistes, activistes, hackers, scientifiques, étudiants et plus généralement toutes les personnes curieuses du biohacking, aussi appelé DIY biologie (« DIY » pour Do It Yourself) ou encore biologie participative.

Cet évènement, qui avait lieu en parallèle des Journées Nationales de l’Innovation en Santé, était plus spécifiquement dédié aux matériels ouverts (« open hardware ») ultra-portables pour la santé au travers d’ateliers, conférences, démonstrations et performances artistiques. L’évènement se déroulait sur plusieurs lieux parisiens dont les locaux de La Paillasse qui est le premier laboratoire de recherche à avoir accueilli le mouvement du biohacking en France.

Pour la petite histoire, la formation de la première organisation mondiale de biohacking, DIYbio, a eu lieu en 2008 à l’initiative de deux scientifiques américains. Ewen Chardronnet, directeur artistique de l’évènement, rédacteur en chef adjoint du media Makery et chargé du développement du mediaLab nous explique que les acteurs qui ont pris part à ce mouvement sont « avant tout des gens qui étaient étudiants en science ou qui faisaient une thèse et qui n’avaient pas accès au matériel nécessaire pour leurs projets: ils ont donc créé des laboratoires associatifs pour pouvoir travailler ».

 

Microscope réalisé à partir d’une webcam lors de l’atelier Open Science Friction And Noise Disturbance

 

En 2016, la création de l’organisation internationale Gathering For Open Science Hardware (GOSH) au CERN y ajoute la notion de matériel ouvert qui s’applique entre autres à des matériels d’analyse de fluides, de détection de pollution ou de microscopie. La création du matériel se fait via le détournement d’objets divers (webcams, disques durs…), ou bien via le recyclage et la customisation de matériel de santé déjà existant. Avec ces matériels libres de droit et donc partagés gratuitement, un des objectifs du mouvement est d’améliorer l’accessibilité du matériel et des outils d’analyse de santé et d’en réduire les coûts. Comme l’indique le site internet officiel du festival, il s’agit « d’apporter une réponse aux défis des services d’urgence, des déserts médicaux, des pollutions endémiques mais aussi de la médecine de première ligne auprès des populations à forte prévalence de risques ».

 

 

Ewen Chardronnet nous explique que ces matériels issus du biohacking ouvert ont vocation à être utilisés « pour de l’orientation de diagnostic, du premier triage mais en aucun cas pour du diagnostic final ». Cela permet d’identifier rapidement une bactérie dans l’eau dans des pays comme l’Inde par exemple ou d’aider les médecins généralistes à améliorer leur diagnostic. Les prototypes développés par les hackers ne seront en effet pas bêta-testés et validés selon un protocole, donc jamais certifiés. Les hackers seront plutôt sensibles à la documentation et la formation des populations concernées afin de les rendre autonomes. Des plateformes dédiées de documentation ont ainsi été crées spécifiquement, comme par exemple sur les sites Hackteria et echOpen, même si la plateforme généraliste GitHub est également utilisée. Marc Dusseiller, un des confondateurs d’Hackteria et pionnier du biochacking qui sera présent tout au long du festival déclarera que « ce qui importe est de ne pas laisser les technologies nous échapper, et plus il y aura de personnes qui se joindront au mouvement pour développer, utiliser, réfléchir, le mieux cela sera ».

 

 

Lors du festival Open Source Body, les participants aux ateliers travailleront selon les profils sur des objets à visée scientifique ou artistique. Géronimo Diese, chercheur en virologie qui étudie les bactériophages, s’emploiera ainsi à créer le matériel nécessaire à ses recherches: un microscope qu’il réalisera à partir d’une webcam et une centrifugeuse construite à partir d’un disque dur d’ordinateur. Habitué des évènements de ce type, il explique essayer de mettre en place un laboratoire populaire de type DIY à Montpellier. Des artistes participeront eux à un atelier réalisé en collaboration avec Labomedia qui aura pour objectif de rendre audible les fréquences ultra-sons de l’écho-stéthoscope open-source à bas prix développé par l’association echOpen. Les sons retravaillés par les artistes permettront à Shu Lea Cheang de réaliser lors de la dernière soirée de l’évènement une performance artistique musicale sur scène avec des femmes enceintes.

 

 

Des conférences et des démonstrations se sont également tenues le dernier jour du festival. Au programme des interventions d’acteurs majeurs du biohacking comme par exemple l’Institut Pasteur, le Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI), Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, MyHumanKit, echOpen ou encore Hackteria.

Pour voir plus d’images sur cet événement, c’est ici !

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