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Pedro Winter fait remixer son dernier morceau par une IA

Pedro Winter fait remixer son dernier morceau par une IA

L’intelligence artificielle, prochaine alliée des producteurs de musique électronique ? Pour explorer d’autres univers, certains artistes electro n’hésitent pas à inclure des instruments classiques dans leurs lives, pendant que d’autres essaient d’aller plus loin dans l’utilisation de la technologie. C’est le cas de Pedro Winter.

« La confrontation humain-ordinateur me fascine. » Dans une interview donnée au magazine Usbek & Rica, le patron du label Ed Banger n’hésites pas à déclarer son attrait pour les nouvelles technologies. On parle ici de Flow Machines, une IA développée par Sony CSL et spécialisée dans la création musicale.

Une aide à la création

« Flow Machines are cutting-edge algorithms, made to explore new ways to create. Flow Machines collaborate with musicians to compose the future. Flow Machines are AI music-making. » D’entrée, les créateurs de Flow Machines ne déclarent pas vouloir remplacer les musiciens, mais au contraire les aider à devenir encore plus créatifs. L’aide humaine est donc nécessaire au bon fonctionnement de cette IA. Accompagné d’un ingénieur du son (Stéphane Briat) et d’un directeur artistique (Jan Ghazi), Busy P l’a donc laissé remixer son morceau « Genie »… pour un résultat déstructuré, French Touch 4.0, loin d’être inaudible.

Le morceau original.

Le remix Fow Machines.

Flow Machines, bientôt autonome ?

Spoiler alert : non. Jan Ghazi explique dès le départ à Usbek & Rica que le logiciel s’appuie sur une base de données de tous types de morceaux de musique, à partir de quoi elle peut composer des morceaux. « On pourrait penser que c’est complètement autogéré, qu’on a juste deux ou trois règles à rentrer pour qu’elle nous propose la version définitive. Malheureusement, on n’en est pas du tout à ce stade d’un point de vue technologique. » Eh oui, la totale autonomie d’une intelligence artificielle n’est pas encore au point. Faut-il d’ailleurs qu’elle le soit un jour ? C’est un autre débat, même si dans le milieu musical, cela est moins risqué, sauf peut-être pour nos oreilles. Qui sait.

Le morceau le plus connu de Flow Machines aujourd’hui est Daddy’s Car, qui peut se vanter d’être le premier morceau pop composé par une intelligence artificielle. Pour en venir à ce résultat, pas moins de 13 000 partitions de styles bien définis ont été intégrés dans la machine. Le concept de machine learning entre donc en jeu afin d’analyser toutes les partitions et de trouver une récurrence dans les morceaux. « Après telle note et tel accord, il y a plutôt telle note et tel accord avec telle probabilité. C’est fait de manière intelligente et ça construit un objet statistique à partir duquel on va pouvoir générer d’autres morceaux qui auront les propriétés statistiques observées dans le corpus. »  déclare François Pachet, chercheur chez Sony CSL.

Plusieurs programmes entrent alors en jeu

Egalement développés chez Sony, les programmes Flowcomposer et Rechord ont pour rôles de créer des accompagnements dans un style prédéfini. « On a enregistré des êtres humains qui jouent The Girl from Ipanema, explique Pachet. Le système Rechords prend cet accompagnement, le découpe en morceaux et l’analyse pour synthétiser un accompagnement pour une autre partition qui n’aura pas les mêmes accords ou les mêmes rythmes.»

Pour la suite, le logiciel Automix réalise un travail de mixage basique, avant de laisser la place au Reflexive Lopper, qui « permet de jouer une partition en faisant plus ou moins en temps réel ce que ferait un orchestrateur : on joue un peu de guitare, le système comprend automatiquement ce qu’on a joué et joue le morceau de guitare qui va bien dans le futur de la chanson.»

Vous l’aurez compris, l’intervention de l’humain tient donc une place primordiale. Car l’inconvénient de rendre Flow Machines totalement autonome serait de devoir écouter un morceau difficilement audible. Une des choses qui nous sépare, pour le moment, de la machine est une certaine sensibilité. Cette sensibilité qui nous permet de construire une musique, structurée, agréable et « écoutable ». (Jul, serais-tu une IA déréglée ?)

Et demain ?

Un futur musical collaboratif et open source semble être une des directions les plus probables. Chacun pourra donc être producteur de ses propres musiques. Vous n’aimez pas ce qu’on vous impose à la radio ? Téléchargez la dernière version de Flow Machines Electro Jazz pour produire vous-même vos propres morceaux. Vous n’aurez plus qu’à simplement définir quelques notes et dialoguer avec le logiciel, vendu avec la dernière version de Siri, pour arriver au résultat souhaité !

Sources : Usbek & RicaFlow Machines – Makery

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